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Et la chenille... |
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... devient papillon
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Tout au long du film, on assiste à la lente transformation de NIKITA.
Petit à petit, la paumée aux rangers va découvrir que
sa féminité peut être une arme aussi efficace que la
violence. L'animal sauvage va s'apprivoiser au contact de ses dresseurs.
Malgré tout, il reste en elle un instinct qui la rend imprévisible
et incontrôlable.
Tout d'abord, NIKITA doit apprendre à canaliser
son agressivité pour l'utiliser de manière efficace. Tout d'abord,
elle étonne par ses formidable scapacités à utiliser
les armes. On sent qu'elle a déjà eu l'occasion de se servir
d'armes et son se doute qu'il ne s'agissait pas d'entraînement. Elle
va cependant devoir apprendre à tirer "sur des cartons" avant de faire
ses preuves sur des cibles réelles. Elle doit pouvoir utiliser n'importe
quelle arme dans n'importe quelle situation.
Elle doit aussi apprendre à éconimiser les munitions. Par exemple, pour la scène du restaurant, elle ne dispose que de deux chargeurs de six balles chancun. Malgré cela, elle réussira à abattre le contact et une bonne partie de ses gardes du corps. Alors que les gardes arrosent la cuisine à l'arme automatique, NIKITA frappe avec précision et rapidité. Sa formation lui permet de conserver son sang froid même dans une situation où bien des hommes aurait déjà craqué. Sa première sortie est un test d'aptitude en situation. A la différence d'un exercice classique, pour les agents qui ne passent pas le test avec succès, la sanction est immédiate : c'est la mort.
NIKITA doit aussi apprendre à se battre sans arme, uniquement avec
ses poings. Comme pour les armes, la jeune femme a déjà
pratiqué le combat de rue dans sa vie passée. La confrontation
de ces techniques instinctives avec celles plus strictes des arts martiaux
donnent lieu à des scènes très drôles.
Il faut dire que mordre l'oreille de son adversaire et lui envoyer
un coup de rangers dans les dents ne font pas partie du manuel du parfait
judoka !
Tout au long de sa formation, BOB suit de près les progrès de la jeune femme. Quand le chef menace d'éliminer la nouvelle recrue, c'est lui qui fera prendre conscience à NIKITA des dangers de son attitude rebelle face à des gens qui ne font pas de détails.
Mais le travail d'un agent des services secrets n'est pas seulement de se
battre. Il doit aussi savoir se servir d'un ordinateur. Une bonne mission
passe d'abord par un bon renseignement. NIKITA doit donc pouvoir constituer
des dossiers, consulter des archives et communiquer avec d'autres
agents.
Après des années de formation, NIKITA est
devenue un agent complet. Il est bien loin le temps où la jeune femme
se traînait en rangers et blouson de cuir dans la zone à la
recherche de sa came et dont le seul avenir envisageable était la
mort à plus ou moins brève échéance. Il semble
bien que BOB ait eu raison d'insister malgré l'avis de ses
supérieurs pour garder NIKITA et continuer sa formation.
Mais BOB n'est pas le seul responsable de la métamorphose de NIKITA.
Elle est aussi l'oeuvre d'AMANDE qui va réveiller la jeune femme qui
se cachait derrière la couche de crasse, de violence et de souffrance
que NIKITA s'était construite au cours des années sombres de
son existence. C'est sans doute la chose la plus importante que va apprendre
NIKITA au cours de sa formation : vivre sa féminité plutôt
que de la cacher derrière un masque dur et sombre.
Tout d'adord, NIKITA doit apprendre à sourire.
C'est sa meilleur arme. Comme dit AMANDE : "Il faut toujours sourire
quand on ne sait pas. Cela ne vous rend pas plus intelligente, mais c'est
plus agréable pour ceux qui vous regardent." Après
des années de violence, NIKITA ne sait plus sourire. Elle essaie devant
le miroir mais elle ne peut former qu'un rictus pathétique qui exprime
toute la douleur de la jeune femme. Cette scène est sans doute la
plus émouvante du film et Anne la joue à merveille.
AMANDE va aussi comuniquer à NIKITA le plaisir de se se maquiller,
de s'habiller, bref, de se sentir belle. AMANDE est la personne qui sera
le plus proche de NIKITA sans doute parce que la jeune femme se rend compte
qu'elle a été dans sa situation quand elle était
jeune.
NIKITA doit aussi bien se tenir à table ou lors d'une
réception. Lentement, elle va devoir apprendre à s'exprimer,
à soutenir une conversation. Elle doit surtout freiner ses pulsions
violentes qui font d'elle une rebelle. C'est une des raisons pour lesquelles
elle a été recrutée par BOB, mais c'est une qualité
qu'elle doit utiliser à bon escient.
C'est dans ce trait de caractère du rôle, que le travail d'Anne
Parillaud est le plus impressionnant. Anne n'a pas eu de mal à exprimer
sa féminité que l'on connaissait déjà à
travers ses précédents films. Par contre, l'actrice n'avait
pas jusqu'à présent interprété de personnages
violents. La violence qui se dégage de NIKITA est tout à fait
crédible. On a d'ailleurs du mal à croire que c'est bien Anne
Parillaud qui joue tellement elle est loin de son registre
habituel.
C'est d'autant plus frappant quand on voit
le remake américain. Bridget Fonda, malgré
un talent évident n'arrive pas à restituer la violence de NIKITA
de façon convaincante.
La violence de NIKITA renforce encore si c'était nécessaire, la douceur, la grâce, l'élégance, bref la féminité de MARIE.
AMANDE a réussi a force de persévérence à redonner forme humaine à NIKITA. Etape intermédiaire et néanmoins indispensable avant de devenir l'essentiel de l'homme... une femme.
"Laisse-toi guider par le plaisir, ton plaisir de femme et n'oublie
pas : il y a deux choses qui sont sans limite : la féminité
et les moyens d'en abuser."