FIRST NIGHT OUT


La scène du restaurant est sans doute la meilleure du film. C'est celle aussi qui a demandé le plus de travail. Elle vaut largement ce qui se fait de mieux aux US avec des plans enchaînés à la "De Palma". La scène nous montre  une NIKITA qui est devenue une véritable machine à tuer. Elle marque la fin du "dressage" de l'animal et le début de la nouvelle vie de NIKITA qui devient MARIE.

 

NIKITA est invité à sortir au restaurant pour la première fois depuis des années pendant lesquelles elle n'a connu que les murs blancs de sa chambre et les séances de formation. BOB a bien fait les choses : diner au restaurant du Train Bleu, champagne, cadeau...

Mais lorsque NIKITA ouvre son cadeau, son sourire s'éfface. Le coffret contient une arme. Il s'agit d'un pistolet automatique "Desert Eagle" au calibre impressionnant. BOB explique froidement à NIKITA qu'elle doit abattre un homme qui se trouve à une table voisine. La jeune femme reste prostrée pendant que l'agent quitte le restaurant.

 

NIKITA réagit de manière automatique. On voit que la formation en a fait un agent parfaitement discipliné. Elle glisse le second chargeur dans son décolleté, s'empare l'arme qui semble encore plus énorme dans ses petites mains fragiles. NIKITA se dirige discrètement vers la table, abat froidement le garde du corps puis loge deux balles dans le "contact". La panique commence à gagner la salle. Alors que la jeune femme prend la fuite en direction des toilettes conformément aux instructions de BOB, d'autres gardes du corps armés jusqu'aux dents se précipitent à la poursuite de NIKITA.

Mais le plan d'évasion de BOB est foireux. NIKITA se réfugie dans la cuisine du restautant où la fusillade éclate. Après avoir abattu ou blessé la plupart des gardes, la jeune femme ,à cours de munition, sent sa dernière heure arriver. Au moment où un garde s'apprête à neutraliser la tueuse à l'aide d'une grenade, NIKITA s'enfuie en sautant dans un vide-ordure. La jeune femme s'enfuie dans la nuit en courant pieds nus sous la pluie...

Comme pour la scène de la pharmacie, la scène du restaurant comporte un nombre important de plans notamment au niveau de la cuisine nécessitant plusieurs prises avec destruction systématique du décor. Sachant qu'une fusillade dans un espace réduit implique des explosions relativement rapporchées des acteurs, la scène comportait certains risques pour Anne Parillaud notamment. On peut d'ailleurs s'en rendre compte dans le montage final où l'on peut voir (si l'on est observateur, bien-sûr) le collant de NIKITA filer lors de la chute du contenu d'un étagère sur l'actrice alors qu'elle se protège derrière les fourneaux de la cuisine. Enfin c'est moins grave que des vraies balles !
Pour simuler les impacts de balles sur les armoires frigorifiques notamment, un mécanisme relativement archaïque est utilisé. On utilise une planche à clous. Chaque clou est relié à un détonnateur électrique qui provoque l'explosion de l'"impact" dans la fausse porte de l'armoire. Il suffit alors de passer un contacteur sur les clous de la planche plus ou moins rapidement pour obtenir une jolie rafale sure la porte. Malgré l'aspect rudimentaire du mécanisme, on a pas trouvé mieux pour ce genre d'effet... Reste a synchroniser la rafale avec la caméra et l'actrice ! C'est d'autant plus important dans le plan vue d'une mitraillette (voir photo) où l'on doit avoir dans le cadre l'arme que crache le feu et les dégats provoqués par celui-ci en fond de plan.
Comme on peut s'en rendre compte sur les photos, les explosions ont nécessité de protéger le matériel et les hommes. Parfois avec des moyens de fortune comme par exemple les lunettes "verres en plastique" du réalisateur... Autre plan particulièrement spectaculaire, celui où NIKITA abat un garde abrité derrière un muret. On a l'impression d'être à la place de la balle ! Une caméra guidée sur rail a été utilisée pour simuler la trajectoire du projectile. Le montage au millimètre tire particulièrement bien partie de ce plan. Enfin, le plan de la fuite par le vide-ordures clôture la scène. C'est sans doute la partie la plus dangereuse de la scène car elle a été réalisée "sans trucage".
Quand Besson explique à son équipe qu'il va falloir que la cascadeuse saute dans un conduit suivi une seconde après par un jet de flammes et d'une caméra plongeante, on comprend les difficultés que cela implique. Tout d'abord, même pour une cascadeuse professionnelle, sauter tête la première dans un conduit à peine plus large qu'elle reste assez impressionnant surtout qu'il fallut recommencer quatre fois ! Deuxième risque, le lance-flammes pouvait brûler la jeune femme. Enfin, la caméra sur rail de 80 kilos pouvait écraser la pauvre fille si la synchronisation n'était pas parfaite. Pour éviter cela, une corde arrêtait la caméra juste avant que celle-ci n'atteigne la cascadeuse. Une colonne de huit mètres a donc été construite avec une ouverture sur le côté pour permettre à la cascadeuse de sauter. Des matelas mousse étaient dissimulés sous les ordures pour amortir la chute de la jeune femme. La caméra était guidée par des roulette le long du conduit. Dans ces conditions, imaginez la difficulté que peut représenter le cadrage et la mise au point !


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