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Lors de sa sortie en 1994, Besson avait, Hollywood oblige, été contraint à la fameuse pré-projection. Celle-ci s'était bien passé jusqu'à la scène où Mathilda déclare son amour pour Léon. Le public de base avait réagi an premier degré : "Elle veut faire l'amour, c'est une chienne. Il hésite à dire non, c'est un sadique". Toute l'ambiguité, la tendresse et l'émotion qui se dégageait de cet instant fragile leur était complètement passé au-dessus. L'Amérique "puritaine" défendait les principes sacrés de la famille. Besson avait donc été obligé de couper la scène ainsi que quelques autres jugées "immorales".
Luc s'était juré de présenter le montage original au public français jugé plus mature par le réalisateur. Le 26 avril 1996, Besson offre comme un clin d'oeil ou un cadeau aux amoureux, cinéphiles, "son" Léon. Tel qu'il l'avait voulu. Plus personnel, plus émotionnel. Les 25 minutes supplémentaires lui permettent de décrire plus finement les rapports étranges entre le tueur solitaire et la gamine perdue.
La version intégrale sort à Paris et dans 10 salles en province. Malheureusement, pas de version originale prévue.
L'affiche sublime reprend la maquette utilisée pour la version japonaise. Elle résume à elle seule l'atmosphère du film. L'amour de deux êtres fragiles pris dans la tempête de leurs vies cruelles.
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Retrouver l'innocence
"Pourquoi un homme de 40 ans n'aimerait-il pas une fille de 12 ans ? C'est un enfant lui aussi. Léon est pur. Il est comme un garçon de 14 ans, il n'a aucune vie sexuelle, il manque d'affection, c'est lui qui le dit. C'est justement cet écart d'âge qui m'attirait, cette confrontation entre leur innocence respective qui devenait d'autant plus explicite que leur différence se voyait. Personnellement j'avais envie de revaloriser le mot aimer."
Luc Besson
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