ire et crire

Besson a façonné un personnage attachant. Léon est arrivé sans un sous de son Italie natale à la suite semble-t-il d'un problème grave avec une femme. Il a été recueilli par Tony qui lui a appris un "métier". Léon n'est pas instruit. Il a une vie qui ne lui laisse pas l'occasion de réfléchir. Il ne dort que d'un oeil sur un fauteuil, toujours sur le qui-vive, avec une arme à portée. Il ne sait pas qu'il existe un monde différent du sien. Son seul divertissement : le cinéma. Il raffole des films avec Gene Kelly.

Il ne sait ni lire ni écrire, pas la peine pour le travail qu'il fait. Tony se charge de tout, de son argent, de ses contrats... Et de ce fait, le maintient dans son ignorance. Il essaie de le protéger des femmes et du même coup l'enferme un peu plus dans son isolement. Mathilda va lui faire découvrir la vie, l'amour, le bonheur. Elle va lui apprendre à lire et à écrire. C'est une grande victoire pour lui. Il devient un homme comme les autres. Il veut dépenser son argent, faire plaisir à Mathilda.

Il a accepté de venir en aide à Mathilda. Il se rend compte que sa vie est sans issue. Il sait qu'il va mourir. Alors il va tenter de sauver Mathilda. Lui donner la vie en acceptant sa mort. Léon devient alors un héro, lui qui tuait les gens sans même s'en rendre compte.

Jean Reno interprête de façon magistral cet être à la fois simplet et extrêmenent dangereux. Il émeut dans les scènes avec Tony et Mathilda et il impressionne dans les scène d'action. Lors du tournage, il fallait que Jean soit très vigilent. Luc le reprenait souvent : "Non, ça c'est trop intelligent ! Léon, c'est un mome, il ne sait pas..."

J'apprends mais, j'ai eu du travail et j'ai pris un peu de retard

Léon ne parle qu'avec Tony. C'est là où le personnage se dévoile, nous parle (ou essaie) de ce qu'il aimerait. Jean est concentré comme jamais et il donne tout ce qu'il a. Besson dit qu'il sent dans sa gestuelle, dans ses intonations, qu'il donne des choses qu'il ne lui a jamais données. Danny Aïello est impressionné, ému. Le pauvre Jean termine ses journées épuisé. "C'est plus dur que de soulever de la fonte", confiera-t-il à Luc.

Jean a accompli avec Léon une performance d'acteur digne des plus grands.


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